ump pays de questembert
Après plusieurs rejets, le projet d’implantation d'une enseigne E. Leclerc à Questembert n’a pas dit son dernier mot. Le dossier repasse devant la Commission départementale d’équipement commercial (CDEC) le 5 septembre. Paul Paboeuf, maire de Questembert, soutient cette implantation à laquelle le préfet s'oppose.
Nouveau rebondissement pour le projet d’implantation d’un centre E. Leclerc à Questembert. La Commission départementale d’équipement commercial (CDEC) l’avait refusé en 2006 puis autorisé en 2007. Mais l’appel déposé par le préfet du Morbihan, Laurent Cayrel, auprès de la Commission nationale d’équipement commercial (CNEC) avait bloqué le projet. Le dossier revient sur le tapis d’une commission départementale le 5 septembre prochain.
Yannick Kervarrec, fondateur de la SAS Kerdis et ancien porteur du projet a revendu sa société à Stéphane Fillion. Ce dernier, directeur du centre E. Leclerc de Bressuire (79), relance la procédure pour concurrencer Intermarché et Champion. « Ce n’est pas normal qu’Intermarché détienne 50% du marché. Il faut réagir et relancer la concurrence », se justifie-t-il. Légèrement remanié, le dossier prévoit la création d’un hypermarché de 2 490 m² accompagné d’un espace culturel de 450 m² et d’une station-service au lieu-dit Kerhardy. La galerie marchande prévue dans les plans précédents est abandonnée pour réduire la surface à construire et limiter l’impact sur le petit commerce.
Associer les producteurs locaux
Nouveauté dans le dossier, Stéphane Fillion souhaite que son enseigne réserve une place à la production locale. Fondateur d’une association qui réunit des éleveurs et des maraîchers, il vend déjà des produits locaux sous le label « Bien de chez nous » à Bressuire (79). L’entrepreneur, qui a rencontré des agriculteurs du pays de Questembert en avril, espèrent les rallier au projet. « Pour l’instant les producteurs bio sont défavorables, ils privilégient la vente directe ou ont été déçus par de précédentes collaborations », explique Stéphane Fillion.
Il bénéficie cependant du soutien de Paul Paboeuf, maire socialiste de Questembert. Pour l’élu, c’est la définition de la zone de chalandise qui pose problème. Dans un rayon de 15 minutes autour de Questembert on comptait 30 000 personnes en 1999. Depuis la population est en constante augmentation. Une estimation de l’Insee, portant sur 7 des 14 communes concernées par le projet, confirme la tendance et pointe une croissance de 12,4% entre 2004 et 2006*. « Une évolution qui justifie tout à fait l’implantation d’une troisième enseigne. D’autant plus qu’elle correspond aux attentes des habitants», affirme le maire.
Mais la préfecture n’est pas de cet avis. Elle souligne les 10 000 m² de grandes surfaces recensés sur la zone*. Pour étayer ses positions, le préfet rappelle la présence de deux enseignes généralistes et deux discounteurs à Questembert même. Il s’inquiète aussi pour l’activité du centre-ville. 148 commerces y sont recensés, dont 75 à dominante alimentaire ou culturelle*. Laurent Cayrel craint qu’ils ne laissent des plumes dans la bataille. Des arguments repris par l’association Elémenterre qui doute depuis le début de la pertinence d’un tel projet. Contacté à ce sujet, Pierre Patinot, président de l’Union pour le développement économique de Questembert, n’a pu être joint à l’heure où nous écrivons ces lignes.
Ce dossier doit être à l’ordre du jour de commissions municipales que Paul Paboeuf s’est engagé à convoquer ce mercredi. Ces assemblées réuniront des conseillers municipaux et des membres de la société civile intéressés par le projet. D’après le maire les discussions viendront éclairer le Conseil municipal qui rendra un avis le 1er septembre.
"Méthodes bien connues"
« Des méthodes bien connues » selon Michel Burban, leader de l’opposition (DVD), qui dénonce l’absence de concertation. « Comme sur de nombreux dossiers, le maire tient une réunion pour entendre l’avis de chacun. Au final c’est toujours « je vous écoute mais je décide » affirme le conseiller général. Il s’étonne de l’obstination de son adversaire et prône une organisation plus réfléchie du développement commercial sur Questembert. « Des erreurs ont été faites en 2005. La meilleure solution aurait été d’autoriser l’extension d’Intermarché ou de Casino jusqu’à 4 500 m² au lieu d’encourager l’implantation d’une troisième enseigne », se désole Michel Burban. Il souhaiterait développer la zone commerciale de Lenruit (actuel Intermarché) et la relier au centre-ville par une voie réservée aux piétons et aux cyclistes. « Aujourd’hui les gens recherchent proximité et qualité, le dossier E. Leclerc ne satisfait pas cela. L’enseigne s’implante loin du centre et risque de déstabiliser encore plus le petit commerce ». Verdict le 5 septembre prochain lors du troisième passage en CDEC