Dans notre
dernier sondage national, l’UMP pointe à 27 %. Le premier tour des régionales sera-t-il pour vous la bérézina ?
XAVIER BERTRAND. Traditionnellement, nos électeurs se mobilisent plus pour les élections nationales que locales.
A nous de leur montrer que le Parti socialiste ou la majorité présidentielle à la tête des régions, ce n’est pas la même chose. On a besoin, dans les huit jours qui restent avant le premier tour,
de mobiliser tous les Français qui se retrouvent autour de nos valeurs, de notre projet, pour redonner aux régions la dynamique de changement dont elles ont besoin.
Selon vous, le grand chelem rêvé par Martine Aubry n’est donc pas assuré ?
Je crois beaucoup plus au Grand Chelem de l’équipe de France de rugby ! Martine Aubry a fait un pronostic imprudent et surtout très arrogant. Le PS semble plus à l’aise dans l’opposition, on peut
le voir au niveau national. Alors ce serait bien que le PS soit aussi dans l’opposition dans les régions.
Comment allez-vous mobiliser vos électeurs ?
En leur montrant que l’élection régionale est importante. La sortie de crise se joue aussi dans les régions. Bien sûr, le climat économique n’est pas facile. Nous traversons la crise économique
la plus grave depuis les années 1930, et c’est pour cela que la politique de réformes a besoin d’être soutenue, notamment par les conseils régionaux. Le PS a été incapable de proposer des
solutions à la sortie de crise au niveau national, et pas davantage au niveau régional. Je demande donc aux Français de voter contre le Parti socialiste.
Vous dites que le bilan des régions présidées par la gauche est mauvais ?
Il est nul ! C’est-à-dire qu’il n’y a rien dans ce bilan. A part avoir fait exploser la fiscalité régionale, qu’ont-ils fait ? Qu’ont-ils fait pour s’opposer à la montée du chômage ? Qu’ont-ils
fait pour les transports ? Le PS est dans une logique d’antisarkozysme. C’est leur fil conducteur depuis 2007, mais ça ne fait pas un projet. Ils sont bien en peine de défendre un bilan et n’ont
pas de projet.
Quelle est la différence entre la droite et la gauche à la tête des régions ?
Prenons l’emploi, la priorité des priorités. Une solution : l’apprentissage. Notre proposition : une entreprise = un apprenti. Nous nous fixons l’objectif de 200 000 apprentis au moins à la fin
de cette mandature, dans le privé, dans les services et dans l’industrie. Prenons la sécurité : toutes les gares, tous les lycées de toutes les régions que nous gagnerons seront équipés de
vidéosurveillance. Prenons la fiscalité : les socialistes aiment les impôts. A chaque fois qu’ils gèrent, ils augmentent les impôts. C’est leur choix, ce n’est pas le nôtre. On a eu une
augmentation moyenne de plus de 35 % de la fiscalité dans les régions gérées par le Parti socialiste. Nous, nous n’augmenterons pas les impôts locaux. Il y aura moins de dépenses pour le train de
vie de l’institution régionale. Dans toutes les régions, ça a été la même ligne : dépenses de prestige et de communication. A se demander si le seul train qui ait vraiment intéressé le PS, ce
n’était pas le train de vie des conseils régionaux.
Sur le terrain, trouvez-vous les Français déprimés ?
Fin 2008, les Français ont eu peur pour leurs économies. En 2009, ils ont eu peur pour l’économie. Aujourd’hui, ils veulent qu’on sorte vite de la crise. Ils nous demandent quand la crise sera
finie ? Ce sera quand le chômage baissera mois après mois.
Mais justement, il continue d’augmenter…
Nous avons investi 32 milliards d’euros dans le plan de relance. Mais les régions gérées par le Parti socialiste n’ont pas joué le jeu, parce qu’elles sont dans leur logique ahurissante d’être
des contre-pouvoirs. Or nous avons besoin de régions partenaires de l’Etat, pas de régions adversaires. Elles ont été aux abonnés absents de la relance. Si on ne veut pas qu’elles soient aux
abonnés absents pour la sortie de crise, il faut le changement dans les régions.
Comment expliquez-vous le peu d’intérêt des Français pour cette élection ?
Il n’y a pas eu de débat sur le vrai bilan des régions. Et il n’y a pas de projet en face de celui de la majorité présidentielle. Et c’est vrai que la région n’a pas assez d’existence concrète
aux yeux des Français. Un maire existe, un conseiller général aussi, une majorité régionale, c’est plus abstrait. Avec la réforme des collectivités en 2014, le fait de créer les conseillers
territoriaux sera une bonne chose. Qui connaît aujourd’hui son conseiller régional ? Le conseiller territorial pourra recréer le lien de proximité avec les citoyens.
Combien de régions pensez-vous gagner ?
Je pense que nous allons progresser en nombre de conseillers régionaux et en nombre de régions. Mais mon rôle n’est pas de faire des pronostics. Mon rôle, c’est d’avoir renouvelé les listes,
permis de réaliser l’union de la majorité présidentielle et d’animer cette campagne. Je serai allé au moins une fois dans chacune des régions d’ici au premier tour. Il faut maintenant passer de
la mobilisation dans les réunions publiques à la mobilisation dans les urnes.
Valérie Pécresse est en difficulté, et tout le monde à l’UMP ne la soutient pas vraiment. Y a-t-il une malédiction qui pèse sur la droite à Paris et en Ile-de-France ?
Non. Mais il y a eu trop de divisions depuis 1995 (NDLR : année où Jacques Chirac quitte la mairie de Paris pour l’Elysée). On a perdu Paris en 2001, on n’a pas regagné Paris en 2008 à cause de
ces divisions. Il faut sortir de cette spirale. La seule façon de l’emporter, c’est de se rassembler derrière le courage de Valérie Pécresse.
C’est le message qu’a voulu faire passer Nicolas Sarkozy mardi, et je pense que le message est bien passé. Voilà pourquoi l’union avant le premier tour était très importante.
Le président de la République doit-il intervenir avant la fin de la campagne ?
Il ne doit rien changer à ses habitudes. Intervenir sur l’avenir de l’industrie ou de l’agriculture, c’est important.
S’il changeait quoi que ce soit à ses habitudes, s’il restait enfermé dans son bureau à l’Elysée, il retomberait dans le syndrome de ses prédécesseurs. On ne veut plus un président qui soit dans
les tribunes, on veut qu’il soit aussi sur le terrain.
En cas de bérézina, quelles conséquences faudrait-il en tirer ? Changer de Premier ministre ?
Ce n’est pas une élection législative. Les Français ont voté pour le président et sa majorité pour cinq années. Il n’y a qu’en France qu’on se pose toujours ces questions. Quand le président
Obama perd une élection partielle, on ne lui dit pas qu’il doit arrêter sa réforme de la santé. Les Français, eux, ne se trompent pas d’élection. Les enquêtes nous disent qu’ils votent
principalement sur des enjeux locaux. Ils ne votent pas à quitte ou double pour le travail de réforme. Quel que soit le résultat, une chose est sûre : pour le président de la République, le
Premier ministre, le gouvernement et la majorité, sortir de la crise et poursuivre les réformes dont la France a besoin resteront des priorités absolues.
Après la tempête, il y a eu un arrêt momentané de la campagne dans les régions concernées. C’est un bon signe pour la politique ?
La politique est essentielle, mais il est des moments où il y a plus important que la politique et où celle-ci doit laisser le temps nécessaire au recueillement et aux secours.
François Fillon célébrait, le 16 décembre 2009, la 500 000e création d'entreprise de l'année. Un record
qui confirme le succès du nouveau régime de l'auto-entrepreneur et qui encourage la mise en œuvre de nouvelles mesures en faveur de la création d’entreprise.