Le Mouvement
Populaire a pris connaissance du projet de politique étrangère adopté jeudi par le Parti socialiste. Annoncé comme un texte plaidant « pour une autre France, pour une autre Europe, pour un autre
monde », l'intérêt n'en fut que plus aiguisé. Mais tout en militant pour une « nouvelle donne internationale et européenne », le texte socialiste enfonce des portes ouvertes et apparaît
finalement d'une banalité affligeante.
Tout d'abord, le règlement politique des conflits, dont le PS se fait une règle, se résume à des constats sans véritable contenu:
- Affirmer que « l'action militaire n'est ni un préalable ni une fin en soi », relève d'une vision unanime sans faire avancer le débat.
- Être convaincu que, concernant le conflit israélo-palestinien, « tout progrès durable passera par le dialogue », ce n'est pas une proposition, c'est une évidence.
- Affirmer que l'effort en Afghanistan doit être porté en priorité sur « l'émergence de forces de sécurité afghanes crédibles, contrôlées par les autorités d'un État stable », ce n'est pas un
scoop, mais le travail réalisé tous les jours par les forces internationales sur le terrain.
- Enfin « nous mènerons contre toutes les formes de terrorisme un combat sans faiblesse » est certes un vœu pieux mais qui, sans propositions concrètes – notamment sur l'instabilité au Sahel –,
nous laisse sur notre faim.
Par ailleurs, être en faveur du « désarmement et la non prolifération des armes de destruction massive » n'est pas révolutionnaire. Avec ses partenaires de l'Union européenne, la France poursuit
activement les efforts concrets de désarmement et de lutte contre la prolifération en soutenant l'action de l'AIEA, du Conseil de sécurité et en conformité avec le Traité sur la non-prolifération
des armes nucléaires (TNP).
Avoir la conviction « qu'il faut construire l'Europe politique », va dans le sens de la ratification du traité de Lisbonne et l'accroissement des pouvoirs du Parlement européen.
De même, le Mouvement Populaire se réjouit que le Parti socialiste approuve certaines propositions déjà portées par le Président de la République tel que le renforcement du G20, la taxe carbone
aux frontières ou encore la réforme de l'ONU et du Conseil de sécurité...
Finalement, le projet socialiste apparaît comme une somme de banalités. Jean-Christophe Cambadélis déclarait l'été dernier que cela faisait « bien longtemps que le PS ne s’était pas penché sur
cette question à fond ». Mais à la lecture du projet, on reste perplexe.
Car au delà d'un état des lieux, sur la santé et la complexité du monde d'aujourd'hui, la contribution socialiste s'apparente à un catalogue de bonnes intentions et de vœux pieux où chacun peut y
trouver son compte.
Mais ce n'est sûrement pas une telle exhortation qui permettra de contribuer à la stabilité du monde, ni permettra à la France d'agir et de peser pour faire valoir ses meilleurs intérêts.
Axel PONIATOWSKI
Secrétaire Général Adjoint en charge de la France dans le monde