COMPTES 2010 – 2011 : ATTENTION : TENSION.
La Communauté des communes du pays de Questembert vient de voter son Compte Administratif 2010 ainsi que son Budget Primitif 2011.
Commentant les chiffres de l’année passée, le président se gausse de résultats corrects : « avec de tels chiffres, on est loin de ceux annoncés par certains l’an dernier ». En effet :
- Epargne nette, c'est-à-dire ce qu’il reste des produits après avoir réglé les charges de gestion et l’annuité de la dette ; en réalité le disponible à investir au titre de l’autofinancement : 1.269.000 € soit 19,50 % des produits réels - Moyenne France entière 2009 : 11,5%.
- Endettement apprécié à travers le ratio de désendettement qui mesure le nombre d’années nécessaires pour rembourser notre encours avec l’autofinancement brut ; soit encours de dette sur épargne brute : 5.639.000 € / 1.682.000 € : 3,35 années - moyenne : 3 ans.
A l’évidence : droit au quitus.
Mais prenons maintenant le Budget primitif 2011 :
- Epargne nette : négative de 132. 000 € soit moins 2% des recettes.
- Capacité de désendettement : 7.897.000 € /311.000 € : 25ans.
Stupéfaction !!!!!! Tsunami financier !!!! D’une année sur l’autre, on vire du vert au rouge vif, avec une perte d’épargne de 1.401.000 € et un allongement de la durée de désendettement de 22 ans !!!!
Quelles explications ?
- Tout d’abord le Budget Primitif ne relate que des prévisions avec une tendance à surévaluer les charges et sous-évaluer les produits si bien que les chiffres d’exécution sont généralement plus favorables. (Cela doit cependant rester dans certaines limites sous peine d’insincérité). De même, certaines opérations d’investissement ne procèdent que d’un affichage politique. A l’évidence, cela n’explique pas tout.
- Première explication : Le Président ignore qu’en matière d’analyse financière – c’est comme en amour - des préliminaires s’imposent : en l’occurrence un retraitement préalable des comptes pour corriger les éléments exceptionnels, non récurrents ou décalés. Ceci est fondamental lorsqu’il s’agit de cerner les équilibres financiers structurels d’une collectivité notamment les marges de manœuvre et les risques encourus.
Or précisément notre année 2010 recèle pas mal de ces paramètres : Rôle supplémentaire de Taxe Professionnelle de 221.000 € - indemnités Pleucadeuc sur 4 ans : 77.000 € - suite à suppression du SIVOM , décalage d’encaissement favorable de Dotation Globale de Fonctionnement par rapport aux charges, notamment de la nouvelle piscine où le déficit d’exploitation envisagé passe à plus de 550.000 € contre 190.000 € pour l’ancienne - déficit des budgets annexes de zones économiques non comptabilisé etc.…Bien évidemment qu’au regard de ces éléments , la plus grande prudence et modestie s’imposaient au niveau des commentaires. Mais non…. !!!!!
- Deuxième explication : Si ce budget 2011 est sincère, la réalité est que nous sommes bien confrontés à une situation contrainte : - une épargne nette ou autofinancement qui devrait – espérons le – émerger du négatif, mais d’un niveau insuffisant ;
- une capacité à emprunter quasi inexistante.
Soit deux sur trois des composantes de l’investissement - à coté des subventions, d’ailleurs fortement dépendantes des deux premières - qui compromettent la capacité à investir de la Communauté au titre des années futures.
« Sauf bien sur à augmenter la fiscalité ; ce qu’il faudra surveiller. »
Alors, Monsieur le Président, dites vous : « avec de tels chiffres, on est loin de ceux annoncés par certains l’an dernier » Sans aucun doute, mais pas dans le sens où vous le laissez entendre.
J.C.RAKOZY