Nicolas Sarkozy sauveur du Festival interceltique, qui l'eut cru? Et pourtant, il vient de décider d'octroyer 100.000 € par an et pour au moins trois ans au Fil. Une surprise qui réjouit NoëlCouëdel, son président.
Qui a dit que Nicolas Sarkozy n'aimait
pas les Bretons? Après l'affaire de la finale de la Coupe de France qui fait un «buzz» monumental, voilà qui pourrait peut-être redorer l'image du président de la République. Il vient, en effet,
de décider en personne d'aider le festival interceltique. Et la façon dont cela s'est déroulé est plutôt étonnante, voire déroutante. Nous sommes le 7mai, NicolasSarkozy a décidé d'inviter à
l'Élysée Noël Couëdel, directeur éditorial des groupes Le Parisien et L'Équipe et président du Fil. Une rencontre comme le chef de l'État en fait régulièrement avec les grands patrons. Les deux
hommes se connaissent et, pendant plus d'une heure, ils échangent de façon informelle, jusqu'au moment où Noël Couëdel évoque le dossier qui lui tient à coeur en ce moment: la baisse des
subventions octroyées par l'État au festival. «Il y a trois ans, nous avions 150.000 €, puis c'est passé à 120.000 €, cette fois nous sommes tombés à 10.000 €, autant dire rien. Cela s'est fait
brutalement. C'était une injustice totale. Quand on nous a annoncé que nous n'aurions que 10.000 €, nous avons juste reçu un fax d'une demi-ligne, sans explication».
Aussitôt dit, aussitôt fait
Visiblement pas au courant de l'affaire, Nicolas Sarkozy se serait alors indigné de la façon dont les Lorientais ont été traités. Nous sommes à deux jours de la fameuse finale
de la Coupe de France 100% bretonne. Faut-il y voir un lien de cause à effet, mais dans la minute qui suit, le chef de l'État décide de faire un geste en direction du festival. «Tope là!», en
deux coups de cuillère à pot, l'affaire est réglée. Incroyable.
100.000 € par an sur trois ans
Mais Noël Couëdel n'est pas au bout de ses surprises. Quelques jours plus tard, il voit débarquer dans son bureau, au Parisien, le directeur adjoint du cabinet de Christine Albanel, ministre de
la Culture. Il reconnaît volontiers que l'État a été un peu cavalier. Bref, le ministère fait amende honorable et propose de rectifier le tir. Pour l'exercice en cours, une ligne budgétaire sera
directement prise sur l'enveloppe du ministère. Mieux, il s'engage à ce que l'État via la Drac (direction régionale des affaires culturelles) signe avec le festival une convention sur troisans
(jusqu'en 2012). Le montant devrait être de l'ordre de 100.000€ par an. «On répare l'injustice. Cela nous sauve la mise pendant troisans», savoure NoëlCouëdel. «On peut envisager sereinement les
40 ans du festival, l'an prochain. Nous aborderons l'événement avec plus de souplesse», apprécie Lisardo Lombardia, le directeur du festival. Le Fil respire. Pour mémoire, le budget global du
festival est de 4,5M€ dont un tiers provient des subventions, le reste étant assuré par la billetterie et les partenariats. Et si la prochaine étape dans l'opération séduction envers la Bretagne
était la venue de Nicolas Sarkozy au Fil
?
source : http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/morbihan/festival-interceltique-le-petit-geste-de-sarkozy-30-05-2009-402099.php