Nicolas Sarkozy et le cheikh Khalifa ben Zayed, président des Emirats arabes unis, le 15 janvier 2008, à Abou
Dhabi
La France va désormais disposer d'une présence militaire permanente dans le Golfe arabo-persique. Une première, grâce aux relations de la France avec les Emirats arabes unis, meilleur client de l'industrie aéronautique et de défense française dans la région. Nicolas Sarkozy, arrivé lundi soir à Abou Dhabi pour dîner en privé avec le prince héritier, cheikh Mohammad Ben Zayed Al Nahyane, inaugurera mardi cette nouvelle base militaire française, sise face à l'Iran.
Annoncée il y a un an et demi lors d'une première visite du président français à Abou Dhabi, l'implantation de cette base sur les rives du stratégique détroit d'Ormuz des Emirats, qui possèdent les cinquièmes réserves d'hydrocarbures au monde, complète le dispositif militaire français au Moyen-Orient. Cette base inter-armées est la première installée par la France hors de ses frontières depuis 50 ans. Baptisé "Camp de la paix", ce nouveau quartier doit héberger à terme 400 à 500 soldats sur trois sites (une base navale, une base aérienne où stationnera un détachement de trois avions de combat et un camp d'entraînement).
Rafale et nucléaire civil en jeu
Son ouverture doit constituer le temps fort de la visite de moins de 24 heures du chef de l'Etat. Mais Nicolas Sarkozy, accompagné de grands patrons, doit aussi coiffer sa casquette de promoteur en chef des entreprises françaises. Même si son entourage prévient qu'aucun accord ne sera signé pendant sa visite, il devrait pousser les feux de deux gros contrats : nucléaire civil et avion militaire Rafale.
D'autant que Dassault Aviation mène des discussions avec les Emirats arabes unis pour la fourniture de Rafale, un avion qui ne s'est toujours pas exporté. Selon le Parisien de samedi, le contrat pourrait porter sur 60 chasseurs Rafale, fleuron de l'armée de l'air française, pour un montant total de l'ordre de 6 à 8 milliards d'euros. Sur lke dossier nucléaire, la France compte sur la construction de la
première centrale nucléaire des Emirats (avec un consortium Areva , GDF Suez et Total et peut-être bientôt EDF), mais aura affaire à une forte opposition américaine pour
l'obtenir.