À la tête de la fédération UMP du Morbihan, le député-maire de Carnac n'entend pas être absent du débat régional.
Entretien
Réélu à la tête de l'UMP en Morbihan avec 100 % des voix, vous prenez de l'importance au sein de la droite bretonne...
C'était ma deuxième élection à la tête de la Fédération. En juin, j'avais pallié la démission de Josselin de Rohan. J'étais, certes, le seul candidat, mais ce qui m'a fait plaisir, c'est le taux élevé (79 %) de participation des militants. Il y a près de 4 000 adhérents dans le Morbihan. La Fédération avance. Il y a quelques mois, on accueillait Xavier Bertrand, aujourd'hui secrétaire national.
Une nouvelle génération s'installe au sein de l'UMP ?
C'est vital. Philippe Paul, sénateur dans le Finistère, Agnès Le Brun, jeune femme dynamique qui a repris la ville de Morlaix : on commence à voir apparaître une nouvelle génération d'élus à des postes à responsabilités.
En attendant, la Bretagne est complètement absente du nouveau bureau national de l'UMP...
Nous avons sans doute besoin de mieux travailler encore, de nous faire connaître. La relève prend ses marques. Elle a besoin d'être identifiée par les instances nationales. Il y a peut-être aussi un léger décalage entre Paris et certaines valeurs portées en Bretagne.
On vous demande de faire vos preuves ?
Parfaitement et cela me convient tout à fait ! Dans un premier temps, soyons une opposition solide en Bretagne, en parvenant progressivement à reconquérir des cantons, des villes ou des circonscriptions. C'est motivant.
Et les Européennes ?
Il ne faudrait pas tomber dans une campagne qui se résumerait à un « pour » ou « contre » l'Europe. Les mouvements extrémistes vont tenter d'amener le débat sur ce terrain. J'attends un débat d'idées et de valeurs : quelle Europe voulons-nous construire ensemble ?
Vous n'êtes candidat ni aux Européennes ni aux Régionales. Pourquoi ?
Je suis déjà bien occupé avec mes postes de député et de maire de Carnac, plus mon job de président de l'UMP 56. Il y a d'autres personnalités qui peuvent relever le défi des Régionales.
Vous auriez aimé que Marc Le Fur, député des Côtes-d'Armor, se porte candidat ?
Il incarne des vraies valeurs bretonnes.
Ce n'est pas le cas Jacques Le Guen, député du Finistère ?
Il a de vraies capacités. Mais, pour l'instant, il vise un rôle de chef de file chargé d'assurer la concordance entre le projet, l'équipe et la Bretagne. Les militants ne vont pas désigner en mars une tête de liste, juste impulser une dynamique. N'allons pas trop vite ! Surtout qu'on ne connaît même pas encore la date des élections.
Et Bernadette Malgorn dont on parle beaucoup ?
Je le répète, c'est encore loin. D'autres candidatures peuvent apparaître. Je ne porte aucun jugement pour l'instant. On verra...
Face à Jean-Yves Le Drian, la tâche ne s'annonce pas facile...
La droite devra faire preuve d'une énergie remarquable pour convaincre. Il faudra mobilier notre électorat naturel et bien au-delà. Cela passe par une campagne d'idées et de terrain. Nous ne partons absolument pas battus. La Bretagne n'a aujourd'hui aucun intérêt à poursuivre avec une telle présidence. Des dossiers capitaux, économiques ou environnementaux par exemple, n'ont pas été saisis par la Région. Il y a urgence.