L'Organisation des pays exportateurs de pétrole a maintenu samedi au Caire ses quotas de production inchangés à 27,3 millions de barils par jour, a indiqué le ministre algérien du pétrole Chakib Khelil à l'issue d'une réunion "consultative" du cartel. Cependant un "consensus général" apparaît en faveur d'une baisse en décembre.
Vers une prochaine baisse de la production
Le secrétaire général de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, Abdallah el-Badri, a affirmé samedi qu'il y avait dans l'Opep "un consensus
général pour une action" en faveur d'une baisse de production lors de la prochaine réunion du cartel en Algérie.
Une baisse de production est donc largement attendue le 17 décembre pour tenter d'enrayer la spectaculaire chute des prix du brut, divisés par trois depuis juillet et tombés sous
50 dollars le baril la semaine dernière, leur plus bas niveau depuis près de quatre ans.
"Les ministres ont noté avec inquiétude la détérioration continue de l'économie mondiale" depuis le 24 octobre "et son impact sur la demande de pétrole qui est maintenant attendue bien
plus en baisse qu'il y a un mois", a ajouté M. Khelil, ministre algérien du pétrole.
Bataille autour du prix du
baril
En septembre, l'Opep avait appelé ses membres à un plus strict respect de ses quotas, ce qui équivalait à une baisse
de production de facto de quelque 500.000 barils par jour.
Le 24 octobre, l'organisation avait décidé de couper son offre de 1,5 million de barils par jour (mbj) à partir du 1er novembre, ramenant le seuil de production des 11 pays soumis au
système des quotas, dont l'Irak est exclu, à 27,3 mbj.
Mais pour Bill Farren-Price, analyste de Medley Global Advisors, il est encore "tôt" pour évaluer l'impact et le respect de cette dernière décision, moins d'un mois après sa mise en
oeuvre.
Alors que le secrétaire général de l'Opep, M. el-Badri a jugé que "les prix du pétrole ne remonteront pas avant la mi-2009", le roi Abdallah d'Arabie, souverain du premier producteur
mondial, a fait une intervention remarquée samedi, en déclarant que 75 dollars le baril serait un prix "équitable", dans une interview au quotidien koweïtien Al-Sieyassah.
Cette déclaration semble signifier que même pour les Saoudiens, modérés au sein du cartel, les prix actuels de l'or noir sont trop bas.
Pour le Qatar, autre pays du Golfe, généralement allié de Ryad, un plancher à 70 dollars est nécessaire", a déclaré samedi, en se rendant à la réunion de l'Opaep, Abdallah al-Attiyah,
le ministre qatari du Pétrole.
"En dessous, (...) des projets pourraient être ajournés et il y aura peut-être une pénurie de production quand la demande repartira" après la crise, a-t-il ajouté.
Pour les membres durs du cartel comme l'Iran ou le Venezuela, un prix encore plus haut est nécessaire pour équilibrer leur budget gouvernemental.
Ali Rodriguez, le ministre de l'Economie vénézuélien, a encore déclaré samedi que le prix juste serait de "80, 90 dollars, ou un peu plus...".