Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 08:18

Premier bilan de la cellule d’aide aux artisans en difficulté : au bout d’un an, 60 % des 268 entreprises morbihannaises qui se sont manifestées sont encore en activité.

Un an après sa mise en place par la chambre de métiers du Morbihan, la cellule des entreprises artisanales en difficulté dresse un premier bilan. Depuis le 30 septembre 2008, 268 dossiers ont été ouverts dans le Morbihan. Première constatation : 40 % des entreprises pour lesquelles l’accompagnement était achevé ont disparu (*)... Soit un taux de 60 % des entreprises encore en activité. « Un bon résultat », estime Pierre Bronnec, responsable de la cellule. C’est lui qui décroche lorsqu’un artisan en difficulté compose le numéro vert (0.800.800.885). Son rôle s’apparente un peu aux urgences : en toute confidentialité, Pierre Bronnec écoute, conseille, propose une orientation, indique une méthode à l’artisan en proie aux difficultés. Parfois aussi, l’aide qu’il apporte ressemble à du soin palliatif : quand l’entreprise est vouée à disparaître, la cellule explique comment on arrête.

Mais cet aspect ne représente qu’une minorité des dossiers. La grande majorité concerne des soucis d’ordre commercial, financier, d’organisation ou liés à un accident de la vie... « Les problèmes de trésorerie sont souvent la clef d’entrée. Mais ce n’est qu’un symptôme. Ensuite, quand on creuse, on peut trouver plusieurs raisons : un manque de rentabilité, des clients mauvais payeurs, des prélèvements excessifs, des fonds propres insuffisants ».

En secteur rural

Qui sont les artisans en difficulté ? « Quelques lignes fortes se dégagent, explique Pierre Bronnec. C’est une entreprise de moins de trois ans, individuelle, employant entre un et trois salariés ». En revanche, impossible de cibler des métiers spécifiques, pas plus qu’une zone géographique si ce n’est que les villes sont sous-représentées. Plutôt situées en secteur rural, ces entreprises artisanales qui peinent sont peu impliquées dans les réseaux plus structurés des villes. Un handicap certain tant ces réseaux sont précieux quand on traverse une passe délicate ! « Être artisan aujourd’hui, c’est plus compliqué qu’hier, dit Pierre Bronnec. Il faut maîtriser un savoir-faire, savoir se vendre, financer son entreprise et manager son équipe ». La cellule est un outil qui peut accompagner les artisans dans les temps plus agités qui s’annoncent.

Agir le plus tôt possible

« Aujourd’hui, il y a plus de pessimisme dans l’ambiance que dans les faits. C’est dans les têtes que ça se passe et cela génère des comportements d’attente qui entraînent des absences de consommation », dit Pierre Bronnec. La cellule peut briser ce cercle vicieux, à condition que l’artisan se manifeste suffisamment tôt. C’est l’objectif pour 2009 et cela passe par une meilleure information.

* Depuis mi-octobre, on note une hausse des radiations et une baisse des créations, notamment dans le bâtiment.

source : http://www.letelegramme.com/gratuit/generales/regions/morbihan/artisans-les-entreprises-en-difficulte-ne-sont-plus-seules-20081124-4212048_1543652.php

Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés