Réunion des ministres des Finances européens à Bruxelles le 3 novembre 2008
Lors d'une réunion à Bruxelles, ils sont tombés d'accord pour dire que l'objectif en ce sens qui avait été fixé en avril 2007, à un moment où la conjoncture était favorable, devait
"être revu", a déclaré lundi soir leur chef de file, le Luxembourgeois, Jean-Claude Juncker.
Ce dernier s'est par ailleurs déclaré hostile à l'idée de Nicolas Sarkozy d'un Eurogroupe des chefs d'Etat.
Des obligations de souplesse
C'est la première fois que l'Eurogroupe, le forum des ministres des Finances de la zone euro, fait une croix aussi clairement sur son ambition d'éliminer
les déficits à cette date.
Mais l'objectif n'était plus jugé crédible depuis plusieurs mois déjà. La France avait obtenu un report de 2010 à 2012, et même cette nouvelle date-butoir paraissait difficile à
atteindre compte tenu de la dégradation économique.
Quant à l'Italie, elle avait bénéficié d'un report d'un an à 2011.
La crise financière et le net ralentissement de la croissance ont achevé d'enterrer les ambitions initiales des ministres des Finances de la zone euro.
Par ailleurs, la Commission européenne a déjà promis de faire preuve de souplesse face au creusement attendu des déficits publics un peu partout en Europe, y compris pour les pays qui
dépasseront la limite maximale de 3% du PIB en principe tolérée.
Selon les prévisions publiées lundi par l'exécutif européen, sept pays de l'Union européenne, à commencer par l'Irlande mais aussi la France qui préside actuellement l'UE, devraient
dépasser à partir de 2009 ce seuil.
Selon les prévisions de la Commission européenne, la France va atteindre le seuil maximal autorisé dès cette année, puis verra son déficit se creuser à 3,5% l'an prochain, puis à 3,8%
en 2010.
L'Irlande devrait dès cette année crever le plafond de 3%, selon les prévisions de la Commission, avec un déficit attendu de 5,5%, se creusant à 6,8% l'an prochain puis à 7,2% en
2010.
François Fillon
abaisse les prévisions de croissance pour la France
Alors que le projet de budget 2009 du gouvernement de François Fillon est bâti sur une hypothèse de croissance de 1%, le Premier ministre n'exclut désormais plus une croissance comprise
entre 0,3 et 0,5% du PIB à peine.
"Lorsqu'on aura l'ensemble des chiffres permettant de le faire, on fera le recalage des prévisions de croissance", a expliqué le chef du gouvernement lors de l'émission "Complément d'enquête" sur
France 2 lundi soir.
"Est-ce que ce sera 0,5, est-ce que ce sera 0,3, je n'en sais rien encore. On est en train de travailler et l'on en tirera les conséquences sur le déficit", a-t-il ajouté.
François Fillon a dit tabler sur une croissance "un petit peu au-dessus" de 0,5% pour 2008, mais il a jugé impossible de dire si 2009 serait une année de croissance faible, nulle ou une
année de récession.