Chèque volé et voiture brûlée : pour acheter des écrans plats
Le tribunal a prononcé une peine de huit mois de prison ferme contre un Questembertois soupçonné de vols aggravés. Des délits commis pour aller acheter des écrans plats à
Rennes.
« On devait aller à Rennes, chercher des écrans plats. C’est un ami qui avait un bon plan. Il nous fallait une voiture ». Les explications de Guillaume Rogard, soupçonné de tentative de vol avec
son acolyte, ne semblent guère convaincre le tribunal. Le président vient de le questionner sur ce qui les a conduits tous les deux à pénétrer dans une habitation, à Plescop, dans la nuit du 15
au 16 février dernier. Accompagné d’un ami mineur, qui avait conservé les clés du garage après un précédent cambriolage, le duo cherchait un moyen de locomotion pour se rendre en Ille-et-Vilaine.
L’opération s’était soldée par un échec, mais ils parviendront finalement à dérober une Ford Escort, à Vannes, au cours de la même nuit. « Avec quel argent alliez-vous acheter des écrans plats ?
», demande le président Laurent Châtelain au second prévenu.
« Avec un chèque », répond ce dernier. Le hic, c’est que le chèque en question provenait d’un vol à la roulotte commis une semaine avant les faits.
« Pour faire disparaître les empreintes digitales »
« Comment l’avez-vous eu ? », interroge le juge. « Avec des jeunes qui traînent sur la place de l’hôtel de ville à Vannes. On a eu l’idée de s’en servir pour aller acheter des écrans plats », indique l’intéressé, sans donner plus de précisions. Tous reviendront avec la précieuse marchandise probablement destinée à la revente. Autre élément du dossier : la voiture volée sera finalement incendiée. « C’était pour faire disparaître les empreintes digitales », admet Guillaume Rogard. D’après l’ostréiculteur propriétaire de la Ford, le préjudice engendré par le vol suivi de l’incendie s’élèverait à 3.000 euros. « Financièrement, ça a été très dur. Et nous avons perdu des objets à forte valeur sentimentale », note la victime. Le vice-procureur de la République Thierry Lebéhot relève que les deux prévenus ont des casiers judiciaires « épais comme des annuaires ». Le magistrat réclame des peines allant de huit mois à un an d’emprisonnement contre chacun d’eux. Le tribunal décide de ne condamner qu’un seul prévenu, en l’occurrence Guillaume Rogard, qui écope de huit mois de prison ferme. En ce qui concerne le second prévenu, placé récemment sous tutelle, les juges ont choisi d’attendre la production d’un rapport d’expertise psychologique avant de se prononcer.