Le conseil général vote son budget à Vannes depuis hier et jusqu’à jeudi. Le président UDF Joseph Kerguéris a expliqué hier le sens de l’effort demandé aux contribuables
(+3,5 % de hausse des impôts). L’opposition de gauche conteste les choix des majorités nationale et départementale.
Les 700 M€ du budget du Morbihan ont été calculés sur fond de crise. Le président Kerguéris a mis l’accent, hier, sur deux chiffres clés. Tout d’abord, 253 M€ de dépenses sociales contre 241 M€
l’an passé, (+ 4,93 %) : « Faudra-t-il en faire plus ? », s’interroge Joseph Kerguéris. « Peut-être, et si c’est nécessaire, nous le ferons ». Le président annonce, en parallèle, 190 M€
d’investissements. Pas de ralentissement significatif en vue.
Hausse de 3,5 % des impôts
« Pour ne pas ajouter de la crise à la crise, souligne le président Kerguéris, le Département s’engage à maintenir sur plusieurs années, un niveau très élevé d’investissements car de nombreux emplois en dépendent ».
Pour financer « ces choix politiques de la solidarité, de l’investissement et de l’innovation », Joseph Kerguéris a confirmé, hier, une hausse de la part départementale des impôts locaux de 3,5 % (soit 7 € par an au titre de la taxe d’habitation et 7,50 € supplémentaires en taxe foncière).
La gauche en veut plus
L’opposition, par ailleurs très critique à l’égard de la politique gouvernementale, déplore, dans le Morbihan « un budget d’attente, pas de combat ». Hervé Pellois (PS, Saint-Avé) porte-parole du groupe de gauche argumente : « Nous ne sommes pas contre la hausse des impôts en soi, nous sommes même plutôt favorables à un partage par l’impôt des politiques publiques. Mais nous sommes interrogatifs sur l’utilisation de cette augmentation. Nous aurions dû avoir une réponse de crise par l’augmentation des budgets de l’insertion sociale, du Fonds de solidarité logement, de l’aide aux jeunes et à l’emploi. Nous attendions aussi que des soutiens exceptionnels à nos partenaires locaux soient annoncés. La gauche souhaite un soutien à l’emploi, à l’échelle départementale, en avançant des investissements favorisant le travail des entreprises locales ». Joseph Kerguéris répond que sa politique de partenariat avec les communes et l’intercommunalité, sanctuarisée dans le budget 2009, vise précisément à soutenir l’investissement local de ses amis maires... Le président du conseil général n’oublie jamais qu’il est aussi sénateur, candidat à sa succession en 2011.
Effet de serre à Plescop
Pour sa part, le socialiste Hervé Pellois n’oublie jamais non plus qu’il est l’élu de Saint-Avé, privé de collège public au bénéfice de Plescop, dans le canton voisin de
Granchamp, détenu par la majorité. « Je ne peux passer sous silence, s’insurge Hervé Pellois, la honte que représente pour le département la gestion du dossier de création du collège de Plescop.
Il est prévu à terme pour 700 élèves alors que toutes les simulations aboutissent à un collège de 300, voire 370 élèves pour les plus optimistes. Ce surdimensionnement va coûter la bagatelle de 5
à 7 M€ supplémentaires aux Morbihannais et ferme la porte à toute autre construction de collège de Saint-Avé à Elven ». « Comment expliquer aux citoyens que le collège de Plescop sera aux normes
Haute qualité environnementale alors qu’il va falloir développer des transports routiers pour recueillir des collégiens ici et là ? ». Ce dossier revient à l’ordre du jour ce matin : effet de
serre en perspective, ça va chauffer.
source : http://www.letelegramme.com/gratuit/generales/regions/morbihan/conseil-general-le-budget-face-la-crise-20090114-4518947_1599504.php