Dans la circonscription Ouest (Bretagne, Pays-de-Loire, Poitou-Charentes), la liste UMP double quasiment le score de 2004 et s'impose largement, alors qu'Europe-Ecologie fait presque jeu
égal avec le PS en réalisant des percées spectaculaires dans des grandes villes comme Nantes et Rennes.
Avec 27,15% des voix, la liste UMP menée par le jeune président du conseil général du Maine-et-Loire Christophe Béchu (34 ans) obtient trois des neuf sièges de la circonscription. Outre
Christophe Béchu sont élus l'ancienne présidente de Poitou-Charentes Elisabeth Morin et le premier adjoint au maire de Saint-Brieuc, Alain Cadec. La droite réussit ainsi son pari de reprendre
pied dans une région Ouest qui lui était largement restée hostile lors des derniers scrutins : sur l'ensemble des trois régions, Ségolène Royal était arrivée en tête au second tour de l'élection
présidentielle devant Nicolas Sarkozy.
Mais la vraie surprise est venue de la liste Europe-Ecologie, menée par l'ancien dirigeant de Greenpeace-France Yannick Jadot. Avec 16,64% des voix, elle parvient à talonner la liste PS (17,28%)
et à envoyer un deuxième élu au Parlement européen, Nicole Kiil-Nielsen, militante Vert et ancienne adjointe au maire de la ville de Rennes. Europe-Ecologie réalise notamment quelques percées
spectaculaires dans les grandes villes de Rennes et Nantes, où elle devance ou fait jeu égal avec l'UMP. Le PS ne parvient qu'à envoyer deux élus au Parlement européen, sa tête de liste Bernadette Vergnaud (proche de Ségolène Royal) et Stéphane Le Foll, un proche
de François Hollande, contre 5 en 2004 (il y avait alors un siège de plus dans la circonscription). La liste MoDem, menée par Sylvie Goulard, ne parvient pas à capitaliser sur la forte tradition
centriste de l'Ouest, avec un score de 8,48% en net recul sur les 11,71% en 2004.
ILE-DE-FRANCE : déroute du PS et du
MoDem
Désastre électoral pour le PS en région parisienne et surtout à Paris... La liste Europe Ecologie (20,86%)
devance de 7 points le PS (13,57%) aux européennes en Ile-de-France, l'UMP-Nouveau centre arrivant en tête avec 29,6%. Quant au MoDem, il n'est que
quatrième avec 8,52%, une défaite personnelle pour Marielle de Sarnez. Benoît Hamon a annoncé lui-même sur LCI Radio qu'il ne sera pas réélu au Parlement européen. "Ma plus grande tristesse de ce soir est celle-là", a déclaré Martine Aubry, à quelques journalistes. "Je souhaite qu'il reste porte-parole. Il est l'une des rares images positives du Parti", a-t-elle poursuivi, ajoutant :
"en aucun cas, c'est un échec personnel". Le PS paie en effet en Ile-de-France le raz-de-marée
écologiste combiné à une mauvaise campagne de sa tête de liste Harlem Désir, trop lisse, comparé au bouillonnant Benoît Hamon qui aurait peut-être pu sauver les meubles.
Dans la ville du maire PS Bertrand Delanoë, les listes UMP-NC l'ont emporté, en
réunissant 29,9% des voix, devant Europe Ecologie (27,5%). Un score largement au-dessus du score national estimé, les socialistes étant relégués très loin à la troisième place (14,7%), selon les
chiffres de la mairie. La liste conduite par Harlem Désir, un des proches du maire, qui avait conduit sa campagne malheureuse pour les primaires internes au PS avant le congrès de Reims, est
battue à plates coutures dans les vingt arrondissements. Dans 19 d'entre eux, elle n'est que 3e, selon ces résultats électoraux.
EST : succès de
l'UMP, bon score de Trautmann
L'Alsacien Joseph Daul, le président du Parti populaire européen (PPE), sort conforté en faisant un peu mieux
avec sa liste UMP qu'au
niveau national, soit 29,18% des voix. Catherine Trautmann, autre député sortante qui conduisait la liste socialiste, obtient de son côté un résultat honorable de 17,24%, qui évolue dans la
moyenne nationale du parti.
La liste Europe écologie obtient 14,27% des voix. Elle pâtit peut-être de la constitution de la liste qui
avait placé deux Alsaciens en tête et de la concurrence du mouvement écologiste indépendant d'Antoine Waechter, crédité de 4,26%.
Avec 9,43% des voix, Jean-François Kahn, qui conduisait la liste MoDem, perd en revanche son pari de faire élire deux députés. S'il respecte l'engagement qu'il a pris publiquement, il devrait
renoncer à siéger au Parlement européen pour laisser la place à la députée sortante, la mosellane Nathalie Griesbeck. Le Front national est l'autre perdant dans l'Est, une région où il a dans le
passé réalisé ses meilleurs scores. Bruno Gollnisch, député sortant, n'obtient que 7,57% des voix, bien loin des 12,17% qu'il avait réalisés en 2004.
NORD-OUEST : sévère déconvenue pour le
PS
En terminant derrière l'UMP, le PS a enregistré une sévère déconvenue dimanche lors des élections européennes dans le
Nord-Ouest, une circonscription où Marine Le Pen, qui jouait gros en vue du prochain congrès du FN, a réalisé selon le FN le meilleur score national de son parti. Devancé dans les quatre régions
de la circonscription (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Basse et Haute Normandie), pourtant toutes dirigées par des socialistes, le PS enregistre "seulement" 18,09% des suffrages (deux élus), loin
derrière l'UMP (24,22%,
quatre élus), qui a quasiment doublé son score de 2004 (13,33%).
Derrière, Europe Ecologie a également presque doublé son score (12,10% contre 6,83%, un élu) et le FN est en légère baisse (10,18% contre 12,86%, un élu) mais Marine Le Pen est réélue au
Parlement européen. Le MoDem (8,67%) et le Front de gauche (6,84%) comptent chacun un élu : l'ancienne ministre de l'Ecologie Corinne Lepage pour le parti de François Bayrou, et l'ancien maire
PCF de Calais, Jacky Hénin, arrivé en tête dans cet ancien fief (30,16%) pour le Front de gauche. Le score du PS dans le Nord-Ouest est "plus élevé que la moyenne nationale", a déclaré Gilles Pargneaux, tête de liste socialiste et premier fédéral du Nord, qui a
toutefois reconnu être "déçu". "On n'a pas réussi à convaincre. On aurait aimé avoir un meilleur score",
a-t-il déclaré.
SUD-EST : bérézina pour le PS au profit d'Europe
Ecologie
Conduit par Vincent Peillon, le PS a connu une véritable bérézina dans la circonscription Sud-Est : avec 14,49% des voix (deux élus) - un score inférieur de moitié à celui de 2004
(28,62% et 4 élus), il est devancé par les Verts tandis que l'UMP passait de 3 à 5 élus. Avec une abstention supérieure à 60%, qui relativise l'état des
forces dans cette circonscription regroupant deux régions majeures que sont Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), l'UMP (29,34%), fait certes moins
bien que Nicolas Sarkozy au premier tour de la présidentielle (34,65%).
La liste Europe Ecologie est l'autre grand vainqueur du scrutin, avec 18,27% des suffrages et 3 élus (contre 8% et 1 seul élu pour les Verts il y a cinq ans). L'alliance écologiste, menée par
l'ancienne députée socialiste Michèle Rivasi, devance le PS dans 14 départements sur 16. A Lyon, elle est devant le PS, qui dirige la ville, de près de 8 points. A gauche, le Front de gauche
tire un petit profit de l'effondrement du PS avec un siège et 5,90% des voix (5% pour le PCF en 2004). Le NPA d'Olivier Besancenot, obtient 4,33% des voix mais aucun élu.
Au rang des perdants, le MoDem est très loin de ses objectifs, avec 7,37% des suffrages (un élu) contre
17,86% à la présidentielle 2007, à près de 11 points derrière Europe Ecologie. Perdant encore, le Front national, qui abandonne un siège dans la circonscription. Jean-Marie Le Pen sera le seul
élu, fort de 8,49% des voix.
SUD-OUEST : le PS sauve les meubles, Bayrou battu même à
Pau
La liste UMP de Dominique
Baudis a réuni 26,89% des voix, celle menée par le PS Kader Arif 17,71% et celle d'Europe-Ecologie de José Bové 15,82%. Les deux autres sièges vont à la liste du MoDem, conduite par Robert
Rochefort (8,60%) et à celle du Front de gauche qui a envoyé à Strasbourg Jean-Luc Mélenchon (8,15%). En 2004, le PS, avec 30,84%, avait enlevé quatre sièges, devant l'UMP (15,18%, deux sièges), l'UDF
(13,23%, deux sièges), le FN (8,76%, un) et les Verts (8,31%, un) dans une circonscription qui regroupe les 18 départements des régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Le score
obtenu par sa liste permettra également à Alain Lamassoure, en troisième position, qui dirigeait la liste en 2004, d'être reconduit au Parlement européen.
Dans la circonscription Sud-Ouest ordinairement acquise à la gauche, le PS n'arrive en tête que dans l'Aude et l'Ariège. A Pau, fief de son président François Bayrou, la liste MoDem, conduite par
Robert Rochefort, a certes fait mieux, avec 16,51%, que son score national mais elle est devancée, là aussi, par celles de l'UMP (26,33%), du PS (17,75%) et,
de sept voix, d'Europe Ecologie (16,55%). L'ex-socialiste Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), gagne son pari et quittera donc son siège de sénateur de l'Essonne pour entrer au Parlement
européen.
MASSIF CENTRAL-CENTRE : même Hortefeux est élu...
L'UMP arrive en tête du
scrutin européen dans la circonscription Centre (Auvergne et Limousin), avec 28,48% des voix, suivi du PS (17,79%) et d'Europe Ecologie (13,56%). Henri Weber, tête de liste socialiste, estime que
"le parti socialiste paye le spectacle donné au congrès de Reims et la crise de leadership qui sévit depuis 2002". "Le
mauvais résultat du parti socialiste n'est pas local, mais national, voire continental", a dit le député européen sortant, qui va retrouver son siège.
"Face à cette contreperformance manifeste, il nous faut jouer pleinement notre rôle d'opposition, que cette mésaventure
ait des effets positifs. Et qu'elle nous apprenne que notre rôle de leader de l'opposition n'est pas inscrit dans le marbre", a expliqué la tête de liste socialiste. Parachuté de la
circonscription Nord-Est vers le Centre, Henri Weber n'avait pas recueilli la majorité des suffrages des militants socialistes au moment du vote interne. Malgré ce résultat unique en
France, la direction du parti socialiste avait décidé de la maintenir en l'état.
OUTRE-MER : UMP premier, scrutin boudé
Réunissant un peu plus de 100.000 voix seulement, alors qu'il y a 2,6 millions d'inscrits outre-mer,
l'UMP est arrivée en tête
dans l'ensemble de la circonscription unique "outre-mer", avec 29,7% des suffrages exprimés. Paradoxalement, sa tête de liste, Marie-Luce Penchard, conseillère à l'Elysée, secrétaire
nationale de l'UMP et
fille de la sénatrice de Guadeloupe Lucette Michaux-Chevry, n'a pas été élue : elle a été devancée par la liste écologiste de Harry Durimel (51,38% en Guadeloupe contre 23,20% pour
l'UMP).
Elle a devancé nettement l'Alliance des outre-mers conduite par M. Hoarau et soutenue par le président
communiste du conseil régional de La Réunion Paul Vergès (21,1%). Le PS finit troisième, avec 20,4%, devant Europe Ecologie (16%), qui a obtenu un score remarquable en Atlantique (30,61%), et le
Modem (9,3%).
A noter que ce scrutin a été de nouveau boudé, avec seulement 23,12% de participation. Peut-être la
conséquence d'un système électoral compliqué, inauguré lors de cette élection. Destiné à permettre l'élection d'un député européen pour chaque grande zone géographique de l'outre-mer, il tient
compte à la fois du score global et du résultat par zone. En 2004, trois élus réunionnais (UMP, PS et PCR) avaient remporté les trois sièges à pourvoir. Jugeant le nouveau système d'élection
"incompréhensible", même s'il y a à présent "un parlementaire par océan", le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo va réunir un groupe de réflexion pour le
réformer. Selon lui, le score de l'UMP montre que la gestion de la crise sociale récente aux Antilles et à La Réunion "a été dans le bon sens".
source : http://tf1.lci.fr/infos/france/politique/0,,4436405,00-les-gagnants-et-les-perdants-dans-les-8-regions-.html